Zoom sur... Jan Van Eyck, le mystère flamand

Déambuler au milieu des œuvres d'art, passer des heures à en observer les moindres détails et en débattre avec ses amis. Les musées nous manquent, c’est certain. Parmi eux, le Louvre, fier et inébranlable, recèle de nombreux trésors ayant tant de choses à nous raconter. C’est ce que vous propose de faire Kate malgré la fermeture du musée, ce mardi 9 février à 20h30 lors d’une visio-conférence interactive autour du sens caché d’un des trésors du Louvre : La Vierge du chancelier Rolin. Et puisque chez CulturMoov, on aime vous donner toutes les clés pour aborder nos visites, comme on l'a fait avec Monet : nous vous proposons cet article sur Jan Van Eyck, le mystère flamand.

Salle du Louvre @neocorreia Pixabay

Foule au musée du Louvre


Un parcours de vie plus ou moins énigmatique

Pourquoi ce mot, "mystère", revient-il souvent lorsque l’on parle de l’artiste ? Pour ses œuvres, d’une part, emplies de détails qui génèrent plusieurs lectures possibles, et d’autre part parce que la vie de l’artiste lui-même reste assez peu connue. Il naît vers 1390, vit avec sa sœur Margareta et ses deux frères, Lambert et Hubert, peut-être dans la ville de Maaseik, en Belgique flamande. L’on ne sait rien du caractère du peintre, et l’on détient très peu d’éléments sur sa vie privée. Le portrait qu’il peint de sa femme Margareta, en 1439, nous permet de savoir à quoi elle ressemble, tandis que lui sera identifié sous les traits de l'Homme au turban rouge, généralement admis pour être un autoportrait.

L'Homme au turban rouge (1433) et Portrait de Margareta Van Eyck (1439)


En tant qu’artiste peintre, sa vie est par chance mieux documentée. Jan Van Eyck fréquentera les plus hautes sphères de la société, étant fortement apprécié pour son travail. Il travaillera au Binnenhof de La Haye comme peintre de la cour du compte Jean de Bavières Straubing, puis pour le duc de Bourgogne Philippe le Bon, dans les Pays-Bas du Sud. A ce titre, il fera plusieurs voyages diplomatiques, dans des destinations tenues secrètes. Cependant, l’on pourra en deviner certaines grâce à ses œuvres, tant les détails architecturaux sont précis. En 1426 par exemple, il est payé pour un voyage lointain et secret. Sa destination sera probablement en Terre Sainte puisqu’en effet, ses tableaux comme Les Trois Maries au Sépulcre de Rotterdam comportent des vues topographiques précises de Jérusalem à l'époque.


Van Eyck sera aussi pendant longtemps considéré comme l'inventeur de la peinture à l'huile, à tort. Pour en savoir plus à ce sujet, rendez-vous dès maintenant sur nos réseaux sociaux où l'on lève le voile sur cette idée reçue dans notre dernière story. Celle-ci reste disponible à tout moment sur notre compte Instagram dans la story à la une "Zoom sur...".


Des œuvres aux niveaux de lecture infini ?

Outre sa technique, l'image mystérieuse que l'on peut avoir de Van Eyck est contrebalancée par un fait rarissime à son époque : il signe ses œuvres. En effet, le fait de signer des œuvres d’art remonte au début du 15ème siècle et Van Eyck fut l’un des premiers à apposer son nom au bas de ses œuvres. Plus exactement, il signera "Johannes de Eyck". Dans le double portrait des Époux Arnolfini, exposé à la National Gallery de Londres, il indique sur le mur peint "Jan van Eyck fuit hic", c’est-à-dire "Jan van Eyck fut ici". Sur le cadre de quelques œuvres, il peint aussi sa devise personnelle, "Als ich can" ("Du mieux que je peux"). Ceci témoigne d’un degré de conscience de soi remarquable pour un artiste de l’époque, ou du moins d'une petite touche de fierté personnelle.


Malgré le fait que ses peintures soient signées, et donc qu'on sache à qui les attribuer, elles resteront pour la plupart chargées de mystère. Qu’il s’agisse des Epoux Arnolfini ou bien de l’Agneau mystique, sans doute ses deux œuvres les plus connues, toutes nous réservent tant de niveaux de lecture qu’il est impossible d’obtenir un consensus sur leur signification de la part des experts. L'historien d'art néerlandais Boudewijn Bakker explique d’ailleurs cette hypothèse comme étant un élément caractéristique des chefs-d’œuvre de la peinture flamande, qu’il présente comme étant truffés d’autant d’énigmes et de mystères que les cathédrales européennes.


Pour mieux comprendre ce que l'on entend lorsque l'on parle de "niveaux de lecture", nous vous conseillons de visionner cette courte vidéo YouTube de la chaîne Sous La Toile qui résume les différentes analyses des Epoux Arnolfini. En effet, les détails présents dans l’oeuvre sont encore aujourd'hui à l'origine de nombreux débats. Par exemple, rien ne nous permet de catégoriser formellement la scène comme celle d'un mariage, ni d'être sûr qu'il s’agisse bien des époux de la famille Arnolfini, et encore moins de savoir qui sont les deux personnages que l'on peut apercevoir dans le reflet du miroir...

Les époux Arnolfini, 1434 @Sailko LicenceCC

Les Epoux Arnolfini (1434)


Sur les traces de l'artistes

Pourtant réputé pour être un grand maitre de la peinture flamande, un petit bémol persiste : selon certains experts, Van Eyck ne connaitrait pas bien les règles de la perspective, contrairement aux peintres italiens. A ce sujet, le GUM, le nouveau Musées des Sciences à Gand (Belgique), ouvrait en mars 2020 ses portes avec l'exposition "Van Eyck en Profondeur : Friction et harmonie à travers le regard d'artistes et d'architectes". L'architecte Patrick Seurinck y menait l’enquête, épaulé par des étudiants de la faculté d'architecture de l’UGent, en confrontant analyse scientifique et analyse artistique de quatre artistes contemporains.

Cette exposition s’inscrit dans l’année thématique organisée par la ville de Gand et entièrement dédiée l’artiste en 2020, "OMG Jan Van Eyck was here". Pourquoi Gand ? Puisque « c’est la ville ou van Eyck a peint son illustre chef-d’œuvre et où, depuis 600 ans déjà, des millions de visiteurs accourent du monde entier pour admirer le retable » de l’Agneau Mystique. Ainsi, rien d’étonnant à ce que l’exposition "Van Eyck – une révolution optique" au Musée des Beaux-Arts de Gand ait suscité un tel intérêt au niveau international, accueillant près de 130 000 visiteurs. L’exposition – la plus grande jamais vue sur l’artiste – réunissait en effet près de la moitié de ses œuvres. Malheureusement fermée dans le cadre de la crise sanitaire actuelle, VISITFLANDERS et le musée se sont associés pour développer une visite virtuelle complète à 360° de l’exposition. Le groupe VISITFLANDERS propose également sur sa chaîne YouTube une vidéo réalisée dans le cadre du projet "Stay at Home Museum" et animée par Till-Holger Borchert, directeur des musées de Bruges et co-curateur de l’exposition. Le moyen d’accéder à ces chefs d’œuvres de la peinture flamande depuis votre salon.


Pour aller plus loin dans votre initiation culturelle sur le maitre flamand, Kate vous donne rendez-vous ce mardi 9 février lors de sa visio-conférence interactive. Ici, vous aurez la chance de lever le voile sur les nombreux secrets de la seule œuvre de Jan van Eyck visible en France : La Vierge du chancelier Rolin, l'un des trésors du Louvre.


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