Zoom sur... Honfleur, la cité impressionniste

A l'occasion de notre nouvelle visite live inédite en direct de Honfleur, la cité des peintre, nous voulions vous permettre de prolonger votre découverte culturelle et artistique. Nombreux en effet sont les peintres à avoir jeté leur dévolu sur la Normandie et ses paysages à la fois ruraux et maritimes. Nous vous parlions notamment de Monet et son jardin de Giverny qui l'aura tant inspiré. Honfleur plus que toute autre ville sera devenue un véritable centre névralgique de la peinture, avec à sa tête celui qu'on considère comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme, Eugène Boudin.

Flânez le long du Vieux Bassin


Honfleur est située sur la rive gauche de l'estuaire de la Seine, au nord du pays d'Auge. La cité se développe dès la fin du Moyen-Age lors des grandes découvertes. Natif de la ville, Jehan Denis, le premier grand explorateur et navigateur français, visitera le Labrador et Terre-Neuve, des terres dont il prendra possession au nom du roi de France en 1506. Ces nombreuses expéditions feront du port l'un des tout premiers ports de France vers les Amériques et notamment les colonies françaises du Nouveau Continent. Honfleur devient une ville dynamique et prospère sur le plan commercial. Mais à la fin du 18ème siècle, la perte des colonies françaises d'Amérique, la concurrence avec le port du Havre et les guerres successives causent peu à peu la ruine de Honfleur. La cité ne se relèvera que partiellement au cours du 19ème siècle avec la reprise du commerce du bois. Un essor malheureusement limité par l'ensablement du port, qui parvient pourtant encore à l'heure actuelle à fonctionner en tant qu'avant-port de Rouen.


Aujourd’hui, Honfleur demeure une référence en matière de destination touristique normande, reconnue pour être une ville portuaire unique. Ici, c’est à la fois un port maritime et fluvial que l’on peut arpenter, loin des habituelles odeurs iodées de Trouville ou du Havre. Bordé tout du long par de grandes maisons de pêcheurs à l’architecture bien particulière, on trouve du côté ouest un étrange clocher non pas sur, mais face à l'église Sainte-Catherine. En effet, construit par des marins, ceux-ci craignaient que la structure en bois (chose très rare en France) ne s'effondre lorsque les cloches sonnaient. Ainsi, le clocher a été érigé à bonne distance de la nef, pour éviter tout dégât sur l'église ou sur les paroissiens.

La plus grande église de bois en France et son clocher séparé


C’est toute cette atmosphère qui a fait de Honfleur le paradis des peintres et surtout, le berceau de l’impressionnisme. L’estuaire, les reflets, les vieux gréments et les bâtiments en ardoise créent en effet des variations de lumières spectaculaires qui ont su toucher l’enfant du pays, Eugène Boudin.


Né à Honfleur le 12 juillet 1824, il sera en effet l’un des premiers peintres français à sortir son chevalet pour aller peindre en extérieur, directement face à son modèle. Avant cela, on privilégiait le travail en studio, d'après des esquisses réalisées dehors. Ce qu’on appellera "peindre sur le motif". La nouvelle technique de Boudin deviendra donc indispensable aux impressionnistes, puisqu’elle permet de saisir en temps réel les lumières et les mouvements. En 1874, Boudin participe d’ailleurs à la Première exposition impressionniste, qui se tint à Paris dans les studios du photographe Félix Nadar. À partir de cette date, il passera pour l'un des précurseurs de ce mouvement, bien qu'il ne se considérât jamais lui-même comme un grand innovateur. En 1887, il écrivait : "J'aurai peut-être eu aussi ma très petite part d'influence dans le mouvement qui porte la peinture vers l'étude de la grande lumière, du plein air et de la sincérité dans la reproduction des effets du ciel." Si l'on voit en Pissarro le peintre de la terre et en Monet le maître incontesté de l'eau, Boudin, lui, s'illustre dans le traitement du ciel. On le surnommera d’ailleurs le "roi des ciels". Baudelaire, le premier, exalte les "beautés météorologiques" de son ami. Fasciné donc par ces jeux de lumières et les variations du ciel, Eugène Boudin se plaira à représenter le même paysage à plusieurs heures d’intervalle. Une technique reprise par le mouvement impressionniste et particulièrement par Monet avec sa Série des cathédrales de Rouen et les Nymphéas. Ce dernier éprouvera pour Boudin une reconnaissance sans faille. Leur rencontre a lieu au Havre en 1858, alors que Monet n’est encore qu’un dessinateur de caricatures. Le courant passe apparemment très bien entre les deux hommes et, très vite converti à la peinture sur motif, le père de l'impressionnisme affirmera : "Je me réglais exclusivement sur les conseils de Boudin."

Œuvres de Eugène Boudin : Navires dans le port de Honfleur (1856), Le Clocher de Sainte-Catherine (1897), La jetée et le phare à Honfleur (1885-1890)


Plus tard, d’autres vont le suivre dans son mouvement artistique de peintre paysager. Gustave Courbet l’aura rencontré en ayant remarqué l'une de ses peintures chez un commerçant parisien. Le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind sera quant à lui attiré par son goût des marines sur la côte normande. Ils jouiront tous ensemble d’une grande influence et se lieront d’amitié. Monet dira d’ailleurs de Jongkind "c'est à lui que je dois l'éducation définitive de mon œil". L’artiste hollandais se fixe à Honfleur en 1863. Ses marines et scènes côtières sont reconnues pour être d’une grande fraîcheur mais, contrairement aux impressionnistes, il exécutera ses toiles à l'atelier. Cette réunion d’artiste au sein de la même ville donnera naissance à L’école de Honfleur. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cela ne désigne pas une réelle institution mais plutôt le centre géographique et spirituel d'une colonie de peintres paysagistes. Pendant près de soixante-dix ans, de nombreux peintres vont affluer vers ce centre névralgique et contribueront tous, chacun dans leur style, à l’émergence du courant impressionniste.


Aujourd’hui encore, l’on peut vivre cette épopée impressionniste au Musée Eugène-Boudin de Honfleur. Créé en 1868 par Louis-Alexandre Dubourg, peintre honfleurais et ami de Boudin, il possède entre autres 93 œuvres de l’artiste. Depuis les impressionnistes, Honfleur a vraiment su garder cette tradition de ville d’art et d'histoire. Elle abrite aujourd'hui une centaine de galeries d’art pour un peu plus de 7000 habitants seulement. D’autres peintres vont continuer de coucher sur la toile la beauté de la ville et surtout, de son port, comme Paul Signac qui donnera lui naissance au mouvement pointilliste.

Courbet, Marine ou Vue de Honfleur (1841) & Paul Signac, Entrée du port de Honfleur (1899)


Pour découvrir la Cité des peintres dans toute sa splendeur, nous vous conseillons de suivre les recommandations du blog voyage La Valise à Fleurs dans leur article Week-end à Honfleur. Vous y trouverez différentes balades et activités culturelle à faire malgré la crise sanitaire actuelle. Et pour patienter jusqu'à votre prochaine excursion, nous vous donnons rendez-vous le dimanche 7 mars à 11h30 ou à 14h pour suivre depuis chez vous notre visite virtuelle en direct de Honfleur, la cité des peintres avec votre guide conférencière Sandrine.

Réservez vite votre visite virtuelle à la découverte de Honfleur, la cité des peintres !


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