Claude Monet : visite interactive sur le Jardin d'eau de Giverny

« Qu'y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d'un homme que rien au monde n'intéresse que sa peinture - et aussi son jardin et ses fleurs ? »

Photo : Jardin d'eau, à Giverny


Peintre impressionniste à la renommée internationale, Claude Monet demeure une icône de la culture française et ses œuvres sont désormais exposées à travers le monde : en France évidement ; mais aussi à Londres, à New York, Amsterdam, Edimbourg, Tokyo ou encore Bogota. Pourtant, moins nombreux sont ceux à s'être arrêté à Giverny, dans la propriété tant choyée du maitre impressionniste.

A l'occasion de notre visite interactive du Jardin d'eau de Monet ce samedi 31 octobre (informations pratiques à la fin de l'article), CulturMoov vous propose de revenir sur la vie de ce personnage haut en couleur, dont l'attachement au paysage normand sera l'une des sources d'inspiration d'une série d'œuvres mythiques : les Nymphéas.


Une vie tiraillée entre la Normandie et la région parisienne


Né à Paris en 1840, le jeune Oscar-Claude Monet s'installe avec sa famille au Havre cinq ans plus tard. Là-bas, il fera la connaissance du peintre paysagiste Eugène Boudin, considéré aujourd'hui comme un précurseur de l'impressionnisme, alors que lui-même vend des caricatures et "portraits-charge" au succès relatif. Fortement influencé par la technique de Boudin, il commence à peindre ses premières toiles de paysage à l'été 1858, et en présentera deux à l'exposition municipale des Beaux-Arts de la ville du Havre. Toujours sur les conseils de son mentor, Claude Monet part pour Paris en 1859 dans le but d'y prendre des cours et d'y rencontrer d'autres artistes.

Photo : Caricature de Léon Manchon par Claude Monet, vers 1865, Institut d'art de Chicago


Après un service militaire écourté en Algérie, et l'approbation partielle de sa famille à poursuivre dans cette voie, Monet se lance corps et âme dans la peinture. Il débute un apprentissage dans l’atelier de l’École impériale des beaux-arts de Paris, écourté par son rejet de la peinture traditionnelle, trop "antique" à son gout. Il rallie à sa cause des figures telles que Frédéric Bazille, Auguste Renoir et Alfred Sisley.

En 1866, il rencontre Camille Doncieux, qui apparait pour la première fois dans la toile Femme en robe verte. Les années qui suivent sont synonymes de dettes financières pour le peintre, dont les œuvres sont plusieurs fois rejetées. Sa propre famille refuse de l'héberger et il déménage à maintes reprises, accompagné de sa femme et de son fils, selon ses inspirations artistiques. Tiraillé entre la Normandie et la région Parisienne, il ira jusqu'à quitter la France lors de la guerre contre la Prusse, s'installant d'abord à Londres, puis à Amsterdam. Ces deux séjours consécutifs seront pour lui l'occasion de peindre de nouveaux paysages, allant toujours plus loin dans le bouleversement de la tradition. C'est là-bas qu'il découvre les peintures britanniques de Turner, impressionné par sa manière de traiter la lumière.


Alors qu'il s'installe à Argenteuil en 1871, les ennuis financiers qu'a pu connaitre Monet par le passé semblent se tasser. Le 15 avril 1874 est organisée la première exposition des peintres impressionnistes, qui ne remporte pourtant pas le succès escompté. Une deuxième édition a quand même lieu, celle-ci moins critiquée. Petit à petit, l'utilisation du terme "impressionniste" va faire sa place. D'abord sous la plume critique de Louis Leroy dans le Charivari, puis au fur et à mesure par les artistes eux-mêmes, décidant de s'approprier la raillerie et d'en faire leur identité lors de la troisième édition de l'exposition impressionniste.


S'ensuivent malgré tout de nombreuses désillusions pour Claude Monet, qui peine à s'en sortir financièrement. Sa femme Camille décède en 1879, laissant le peintre seul avec Alice Hoschedé, la femme de son ancien mécène. Leur concubinage devient connu de tous lorsqu'ils s'installent à Poissy avec leurs enfants respectifs, et crée un scandale public. Le peintre est rejeté par ses propres compères impressionnistes, jugeant le tournant qu'a pris son style inadéquat avec les valeurs du courant artistique. Pourtant, Monet réussit à vendre des toiles, notamment grâce à Durand-Ruel, un acquisiteur de longue date. Celui-ci accueille même une exposition entièrement dédiée au peintre, dont les 56 tableaux présents offrent une rétrospective complète de sa carrière.



La découverte de Giverny : un souffle d'inspiration


Désireux de quitter la région parisienne, Claude Monet découvre le petit village de Giverny, près de Vernon en Normandie. Il y trouve une maison de paysan au lieu-dit le Pressoir, bordée par un jardin potager et un verger appelés le Clos normand. L'ensemble lui est loué en 1883 pendant quelques années avant que Monet ne finisse par devenir propriétaire en 1890, lorsque sa situation financière s'améliore.

Photo : la maison vue du Clos Normand, Fondation Claude Monet


Durant ces mêmes années, Claude Monet voyage énormément pour réaliser ses peintures devant divers paysages, avant de se consacrer à ses séries, un genre pictural connu de son ami Boudin et dont l’idée s'était imposée peu à peu avec les gares Saint-Lazare.


Entre la création des Peupliers et de la Série des Cathédrales de Rouen, le peintre va se consacrer dans les années 1896 et 1897 à ses jardins de Giverny : d'une part en poursuivant leur aménagement et d'autre part, en commençant à les utiliser comme motif de ses toiles. À la même période, il commence à peindre le pont japonais du bassin, prélude aux nymphéas. C'est un travail sur une nature contrôlée, aménagée, moins sauvage. En 1900, une dizaine de versions du Bassin aux nymphéas est présentée lors d'une nouvelle exposition à la galerie Durand-Ruel, ainsi qu'à New-York. Dans les années qui suivent, Monet fait agrandir son terrain, et notamment l'étang qui s'y trouve. Les Nymphéas évoluent alors au gré des transformations du jardin et du changement de style du peintre.

Photo : Nymphéas de Claude Monet au Carnegie Museum of Art, Pittsburgh


En peignant dans sa propriété normande, l'intérêt du peintre pour le jardinage semble s'intensifier. Ou alors, est-ce le lieu qui a imprégné plus que de raison l'imaginaire du peintre? Comment s'est fait ce lien entre Giverny et les œuvres de Claude Monet ? Au-delà d'un simple modèle, le jardin d'eau apparait comme la transposition "grandeur nature" du travail du peintre à restituer sur toile sa fascination pour les jeux de lumière et les reflets des nuages sur l’eau.


Pour poursuivre cette découverte de Claude Monet et surtout, des jardins de Giverny, CulturMoov vous propose ce samedi 31 octobre, à 17h, de vous évader vers ce "monde de sens, de couleurs et de souvenirs". Venez découvrir - ou redécouvrir - le Jardin d'eau avec notre visite interactive offerte. Une conférence de 20 minutes, menée par Sarah, guide aventurière et experte sur le sujet. Pour réserver votre place et recevoir le lien de la e-visite, rendez-vous sur notre site internet dès maintenant !


Et en attendant, apprenez-en d'avantage sur Giverny sur le site internet de la Fondation Claude Monet, et retrouvez CulturMoov sur nos réseaux sociaux, Facebook et Instagram !


Informations pratiques :

Visite interactive sur le jardin de Monet à Giverny, en Normandie. Date : 31 octobre 2020, 17h Durée : 20 minutes Rendez-vous : en ligne. Vous recevrez automatiquement le lien de connexion quelques heures avant le JOUR J. 

www.culturmoov.com

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