La Maison de l'avenue Frochot, ou quand le paranormal nous rattrape... PARTIE 2

[Tous les faits racontés dans cette histoire au sujet de la maison de l’avenue Frochot et des personnes l’ayant habitées sont des faits réels]


Photo : Paris Zigzag



Précédemment : Je me trouvais dans la maison, accompagnée par un guide mystérieux, dans le but d'écrire cet article pour Halloween. J’avais de plus en plus de mal à prendre des notes. J’étais happée par le récit de l’homme, et je sentais qu’il savait quelque chose que la plupart des gens ne savaient pas. Je me devais de découvrir quoi.


Le Guide repris :


- Vous savez, nous autres par ici avons notre théorie sur la question. Certaines personnes qualifient cette histoire de légende urbaine, mais ces gens-là n’ont rien vu. Une terrible malédiction a pris place dans la maison depuis la mort de Victor Massé, ancien propriétaire de la maison qui a fini ses jours complètement paralysé en 1884.


- Accident ?


- Maladie de Charcot. Cette malédiction s’est confirmée avec le massacre que je vous ai mentionné plus tôt, et s’est poursuivi lorsque le dernier propriétaire officiel de la maison, l’écrivain français Matthieu Galey acheta la maison le 10 mars 1978. Le pauvre homme mourut en 1986.


- Comment ça « officiel » ?


- Beaucoup de choses ont habité cette maison vous savez…


J’haussais un sourcil, hésitant à écrire cette dernière phrase.


- Je vois… De quoi Matthieu Galey est-il mort ?


- D’une maladie. Le plus troublant est qu’il est décédé de la même maladie que Victor Massé, Charcot. Si vous voulez mon avis, c’est bien moins simple que ça. D’ailleurs, son journal a été retrouvé et une phrase nous a fait comprendre que la malédiction était bien présente.


L’homme se dirigea vers une commode et sortit un journal décoré d’une couverture en cuir.



Cette photo est une image d'illustration et n'est pas une photo de l'authentique journal retrouvé dans la maison :

Photo : Amazon



Il tourna les pages et me montra la dernière ligne qui y avait été écrite.


« Acheté la maison Frochot. Un peu l’impression de m’endetter pour acquérir mon tombeau gothique. »


- « Mon tombeau gothique.» avais-je lu à voix haute. Était-ce un homme excentrique ?



- Pas plus que la majorité des écrivains. Si vous voulez mon avis, il ne s’agit pas là d’un surnom affectueux donné à la maison mais d’une triste fatalité annoncée sur le papier par un homme impuissant. Mais encore une fois, lorsqu’on est un des seuls témoins de ces événements surnaturels, il est compliqué d’être pris au sérieux. Cependant, même si l’on qualifiait mes dires de légendes urbaines, plusieurs personnes ont terminé leur vie dans cette maison à la suite de maladies incurables et de deux assassinats barbares. Cela m’étonnerait que tout cela soit lié au hasard. Et personne ne peut ignorer cette dérangeante sensation de mal être qui émane de ces murs. Vous savez, les maisons sont bien plus que des amas de pierre. Cette maison, malgré le fait qu’elle ne soit plus habitée aujourd’hui, est encore marquée par la douleur et la souffrance des personnes qui y ont terminé leur vie.


Je me souviens des frissons désagréables ressenties alors que je me trouvais face à la bâtisse. Je ne considérais pas croire au paranormal, et pourtant, tout mon corps avait semblé vouloir me mettre en garde. Je posais mon bloc note et mon stylo un instant.


- A plusieurs reprises vous m’avez parlé de choses que seul vous avez vues ici. Est-ce que pouvez m’en dire plus ?


L’homme sembla se crisper à nouveau. Il ouvrit la bouche, puis la referma, comme si une voix imaginaire lui avait ordonné de se taire.


- Sortons, voulez-vous ?


J’acquiesçais et le suivis hors de la demeure.



Photo de l'authentique maison

Photo : Paris Zigzag


Je m’approchais de la fontaine qui trônait au milieu de la cour tandis que mon guide fermait la maison à clef. L’angelot de pierre qui devait cracher de l’eau à une époque, semblait bien morose. J’effleurais ses joues froides du bout des doigts. L’homme me rejoint, un sourire nostalgique aux lèvres.


- Mon père l’avait fait sculpter à mon image disait-il. C’est un très joli souvenir.


Nous avancions vers le portail. Je n’osais pas vraiment le relancer au sujet de ces choses dont il disait avoir été témoin, car cela semblait l’affecter grandement. Mais c’est de lui-même qu’il reprit :


- Certains voisins l’ont vue et aussi, je ne suis pas le seul. Mais il n’y a qu’à moi qu’elle parle.


- Elle ?


- La femme de chambre. Celle qui s’est faite assassiner. Parfois, vous pouvez sentir des vibrations émaner de la maison, ou entendre des bruits sourds. Les voisins ont même parlé de bruits de pas. Mais moi, je sais que c’est la femme de chambre.


- Comment pouvez-vous le savoir ? Comment pouvez-vous affirmer que ce n’est pas…


- Dans ma tête ?


L’homme sourit, tandis que je hochais timidement la tête.


- La femme de chambre est une de mes ancêtres. Je pense que c’est pour ça qu’elle me parle. Mais je ne peux pas prouver ce que je vois ou ce que j’entends. Et, finalement, ce n’est pas si important.


Le guide me faisait face, debout sur le trottoir, dos au portail, à l’endroit même où il m’avait saluée plus tôt dans la soirée.


- Merci beaucoup. Je pense que j’ai assez de contenus pour écrire mon article d’Halloween.


L’homme se mit à rire. Il avait l’air de bien le prendre, tant mieux.


- Les gens aiment les histoires de fantômes ! dis-je en souriant.


- Bien sûr qu’ils les aiment. Je vous souhaite une bonne soirée Madame.


Je lui serrais la main et me retirais. Après quelques pas, je me retourna pour lui demander s’il souhaitait que je le raccompagne chez lui, mais il avait déjà disparu.

Sur le chemin du retour, j’ai énormément pensé à cette visite et à ce guide.


Si je devais résumer la situation concernant la maison de l’Avenue Frochot, je dirais ceci :

Je ne peux pas certifier à 100% que cette dernière soit complètement hantée car pour la plupart des phénomènes décrits par le guide, j’ai pu trouver une explication rationnelle. La maison était construite sur une ancienne carrière de calcaire, ce qui explique les vibrations occasionnelles et les bruits sourds. Il y a néanmoins une chose qui encore aujourd’hui reste inexpliquée. Ces étranges bruits de pas qui laisseraient présumer la présence d’une éventuelle entité, mais s’agirait-il de la femme de ménage ou des deux sœurs qui ont eu comme similitude d’être assassinées par un, voir deux tueurs de sang froid ? Je n’aurais probablement jamais la réponse à cette question.

J’ai d’ailleurs essayé de recontacter le guide pour quelques questions complémentaires, mais il ne m’a plus jamais répondu. Quelque chose me dit que je reviendrais à la maison de l’Avenue Frochot. J’ai comme laissé une partie de moi à l’intérieur.


Mais, et vous ? Oserez-vous vous dresser devant son imposant portail de fer forgé ?




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