La Maison de l'avenue Frochot, ou quand le paranormal nous rattrape... PARTIE 1.

[Tous les faits racontés dans cette histoire au sujet de la maison de l’avenue Frochot et des personnes l’ayant habitée sont des faits réels et officiels]


Photo : Etsionsepromenait


Assise sur un banc glacé dans la nuit naissante, j’attendais mon guide impatiemment. Il devait me rejoindre ici même pour me parler de l’immense bâtisse qui se dressait face à moi. Cette dernière appartenait à sa famille depuis plusieurs années. Je n’avais d’ailleurs pas osé la défier du regard plus de quelques secondes, car un seul coup d’œil dans sa direction faisait monter des frissons le long de ma colonne vertébrale. Halloween approchant, j’ai voulu me rendre dans un lieu atypique et quelques peu effrayant pour célébrer cette fête. Mais une fois seule devant cette impressionnante maison, je n’étais plus sûre de rien.


- Bonjour.


La voix de mon guide que je n’avais pas vu arriver me fit sursauter. Son visage était crispé et il ne semblait pas très à l’aise.


- Suivez-moi, j’aimerais en finir vite avec cette maison.


Je me suis levée du banc, étonnée, et le suivit tandis qu’il ouvrait le grand portail de fer forgé qui donnait sur la cour de la maison. Un grincement sinistre retentit. J’entrais timidement, et le guide, qui semblait décidément effrayé commença à la hâte :



- Cette maison fut construite en 1823 pour être à la base un hôtel particulier. De nombreuses personnalités iconiques de l’histoire de France y ont résidé.


J’eu à peine le temps de commencer à prendre des notes qu’il semblait prêt à enchaîner sur autre chose.


- Attendez ! Excusez-moi… Quelles personnalités exactement ? Pouvez-vous être plus précis ?


Il jeta un coup d’œil derrière lui et dit rapidement :


- Chassériau, Toulouse-Lautrec, Gustave Moreau, Victor Hugo, Jean Renoir, Django Reinhardt…


Je fronçais les sourcils tout en prenant des notes à la hâte. Lorsque je levais les yeux, il s’était déjà éloigné vers la maison, passant à côté d’une fontaine ornée d’une statue d’angelot.



Devanture de la Maison de l'avenue Frochot :

Photo : Paris Zigzag

Je soupirais. Si toute la visite se passait comme ça, je ne pourrais qu’écrire un article médiocre. Il fallait que je prenne la situation en main.


- Excusez-moi, mais j’ai l’impression que quelque chose ne va pas. J’ai besoin d’informations approfondies et de vraiment comprendre ce qui s’est passé ici pour pouvoir écrire un article publiable, et vous ne semblez vraiment pas avoir envie de m’y aider.


Le guide s’arrêta, et se tourna vers moi avec un air de culpabilité. Il se gratta nerveusement le crâne.


- Je suis désolé. Voyez-vous, j’ai vu et entendu beaucoup de choses à propos de cette maison, et pour tout vous dire, elle m’effraie énormément, bien que j’ai beaucoup d’affection pour elle.


Je m’approchais, regrettant le ton dur que j’avais employé en m’adressant à lui. Après tout, ce n’était qu’un homme superstitieux effrayé par des histoires de fantômes.


- Je comprends, excusez-moi. Ecoutez, voilà ce que je vous propose : Nous faisons la visite à un rythme plus lent, pour que je puisse avoir le plus d’informations possibles, et à tout moment, si quelque chose vous effraie, nous partons. Cela vous convient-il ?


Le guide semblait se détendre en entendant ma proposition. Il soupira, soulagé et acquiesça.


- Faisons ça.


Je lui souris puis nous nous sommes dirigés vers la grande porte d’entrée. Après avoir fait résonner le lourd bruit du loquet en ouvrant la porte massive, je découvris une pièce décorée de tapisseries, ainsi qu’un grand escalier sur ma droite. La pièce était magnifique.



Ceci est une photo d'illustration, il ne s'agit pas de l’intérieur de la maison en question:

Photo : Le Figaro



Je ne pus m’empêcher d’échapper un sourire, qui n’échappa pas au guide.


- Joli n’est-ce pas ?


- Magnifique ! Alors, dites-moi, que s’est-il passé ici ?


- Magnifique, mais également sinistre.


Je me concentrais et me remis à prendre des notes


- C’est dans ce splendide cadre qu’a eu lieu au début du 20ème siècle un meurtre d’une barbarie terrible. Le propriétaire de l’époque, qui n’était autre que le directeur des Folies Bergères, a retrouvé le corps de sa servante et femme de chambre dans les escaliers, assassinée à coups de tisonniers.


Je levais les yeux de mon bloc note et les dirigeais vers les escaliers.


- Oui, ceux-là même. Une enquête a été menée mais elle fut classée sans suite car le meurtrier n’a jamais pu être retrouvé. Par la suite, les autorités de l’ordre firent sceller la maison qui restera inoccupée sur une période de 30 ans. Un autre meurtre s’en est suivi : deux nonnes ont été retrouvées également sans vie après avoir été frappées violemment à coups de gourdin, mais malheureusement le meurtrier n’a pas été retrouvé, lui non plus.


- Pensez-vous qu’il s’agisse du même meurtrier ?


- Voilà une question dont nous n’aurons probablement jamais la réponse.


Le guide avança et nous entrâmes dans un salon gothique. De grands rideaux et des canapés de velours, des bustes, des vases et d’autres pièces de mobilier protégés par des bâches étaient disposés dans la pièce.


Ceci est une photo d'illustration, il ne s'agit pas de l’intérieur de la maison en question:

Photo : allwallpaper.in

- Par la suite, de nombreux propriétaires vont défiler, certains plus connus que d’autres. Au début des années 70, la chanteuse Sylvie Vartan a acheté la maison. C’est mon père qui la lui avait fait visiter, je m’en souviens très bien parce que j’avais tenu à l’accompagner. J’étais jeune à l’époque.


Je lançais un regard étonné dans sa direction. Je lui donnais une 30 aine d’années maximum, et pourtant il était bien plus vieux que ça, d’après ses dires. Il devait avoir des soins du visage sacrément efficaces !


- Elle avait trouvé la maison magnifique dès le premier regard, notamment grâce à son style néo-gothique. C’est ce qui arrive à chaque nouveau propriétaire, un coup de foudre. Et pourtant…


Il s’arrêta un instant, les yeux perdus dans le vide. Après quelques secondes de silence, je toussotais, essayant de le tirer de sa torpeur. Il sursauta, et se racla la gorge avant de reprendre.


- Malgré ce coup de foudre, après avoir acheté la maison, elle n’y emménagera pas. Elle n’avait jamais donné de justifications à mon père. Mais nous, ainsi que les habitants du quartier, n’avions pas besoin d’explications.


- Comment ça ?


J’avais de plus en plus de mal à prendre des notes. J’étais happée par le récit de l’homme, et je sentais qu’il savait quelque chose que la plupart des gens ne savaient pas. Je me devais de découvrir quoi.




Retrouvez la suite de l'histoire demain !


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