Vous aimez ce qui brille ?

L’exposition qui vient de s’achever au château d’Angers intitulée « Le goût de la parure » a été l’occasion de mettre en avant des détails décoratifs présents sur les portraits de souverains ou de souveraines… Vous n’avez pas pu y assister ou vous n’avez tout simplement pas remarqué ces détails ? Il s’agit des bijoux ! Ou ce que nous nommons plus communément les « Joyaux de la Couronne ».


© Château d’Angers



Drôles de péripéties que celles des joyaux de la Couronne ! Collection tantôt constituée et augmentée minutieusement par nos souverains, tantôt volée, elle a enfin été vendue dans l’optique de créer le fond d’une caisse pour les invalides du travail, sous la Troisième République. Et oui… ces joyaux n’ont eu de cesse de subir les vicissitudes de l’Histoire !


« Joyaux de la Couronne » ai-je dit ?


Il s’agit d’un ensemble de bijoux d’une très grande préciosité (comprenant différents gemmes et diamants montés sous forme de broches, de colliers etc.) qui appartiennent à la Monarchie Française d’Ancien Régime, aux Premier et Second Empires, et aussi… à la République française !


L’origine de cette collection royale remonte à François Ier. Le joyau subsistant de cette première collection est ce que nous nommons la « Côte-de-Bretagne ». C’est une spinelle qui a été retaillé sous Louis XV afin d’être sertie au centre de la parure de la Toison d’or. Et où donc cette merveille est-elle conservée ? Et bien vous pouvez l’admirer au musée du Louvre !


La « Côte de Bretagne », Spinelle rouge, 107,88 carats métriques © Rmn

D'autres œuvres des Diamants de la Couronne de France sont visibles directement au Louvre (Galerie d'Apollon) ou sur le site du musée, ou encore sur ce blog


Le fonds de la collection s’est vu considérablement agrandi grâce au Roi Soleil ! En 1661, son parrain, le cardinal de Mazarin, lui lègue dix-huit diamants. Parmi eux, le plus gros au monde que nous nommons le « Sancy ». Tout ceci vous intéresse, et vous aimez ce qui brille ? Courrez l’admirer à la Galerie d’Apollon, au musée du Louvre; il y est exposé !

(Musique dramatique) L’histoire bascule en 1792, après la Révolution française. Les bijoux sont alors conservés à l’hôtel du Garde-Meuble de la Couronne. Mais mal gardés, une bande de voleurs dirigée par un dénommé Paul Miette parvient en Septembre à dérober la plupart de ces joyaux, au nez et à la barbe des gardes ! (Entre nous, c’était quand même plus facile que maintenant …)


Faisons un bond dans le temps à présent et rendons nous au XIXème siècle ! En 1882, on souhaite vendre les diamants de la couronne au profit de la création d’une caisse pour les invalides du travail ! Mais ce n’est qu’en 1886 que les assemblées de la Troisième République décident de la vente. (Ou au moins, de ceux qui ont pu être récupérés et retrouvés après 1792) ; vente qui rapportera 7 millions de francs. Cette la somme est distribuée entre la Réunion des Musées Nationaux et… les retraites vieillesses ! (Tiens… et si nos dirigeants aidaient les plus démunis en vendant certaines choses qui leur appartiennent ?)


Mais quel était leur usage ?


Je sais ce que vous allez me dire… Mais non, ces joyaux ne restaient pas enfermés bien précieusement dans des coffres. Au contraire, les rois et reines portaient les diamants de la couronne pour de grandes occasions et les intégraient à leur coiffure, leurs vêtements ou les portaient en bijoux. En effet, les pierres étaient montées, par exemple en broche ou collier, pour une soirée, puis démontées et remontées de façon différente à d’autres occasions ! Ces joyaux servaient à afficher la puissance et la richesse de l’État.

La dernière fois où ils ont été arborés comme tels, ce fut lors de l’ouverture des États Généraux à Versailles, le 5 mai 1789. Louis XVI portait alors l’insigne de « La Toison d’Or » et Marie Antoinette avait glissé le « Sancy » dans sa chevelure.


Marie de Medicis, Consort of Henry IV, King of France, Frans II Pourbus (workshop of), 1590 - 1620

© Rijksmuseum Amsterdam -


Observons ce tableau portraiturant Marie de Médicis lors de son couronnement en 1610, peint par Frans Pourbus le Jeune.

Après vous avoir parlé du plus gros diamant du monde, jouons à « Où est le Sancy ». Si vous regardez attentivement… peut-être parviendrez-vous à le trouver et apercevoir caché parmi cet amoncellement de pierreries arborées par la reine de France.


(Réponse pour les tricheurs : le Beau Sancy est le gros diamant serti au sommet de la couronne).



Maintenant, à vous de jouer ! Observez dorénavant l’ensemble des portraits de souverains et essayez de tous les identifier !



Pour aller plus loin :


Visiter la galerie d’Apollon au musée du Louvre ou consulter : http://mini-site.louvre.fr/apollon/index_apollon.html


Visionner l’émission L’ombre d’un doute de Franck Ferrand, « Le casse du Millénaire » : http://www.dailymotion.com/video/x54kys4_l-ombre-d-un-doute-s02e06-septembre-1792-le-casse-du-millenaire-hd_news


Le catalogue de l’exposition aux éditions du Patrimoine que vous pouvez courir vous procurer en librairie : https://www.editions-du-patrimoine.fr/Librairie/Regards/Le-gout-de-la-parure



Vous avez aimé, ou pas du tout, vous avez des suggestions, n'hésitez pas à nous le dire !

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