La trahison des images

René Magritte (1898-1967), la trahison des images

Exposition, Centre Pompidou, 21 Septembre 2016 – 23 Janvier 2017



Le commissaire d’exposition associe le personnage de la littérature populaire française Fantômas, à l’art de René Magritte. Cet homme de fiction plaisait énormément à René en ce sens où, tout comme lui, il avait de nombreux visages ou facettes pour répondre à son activité principale. (Non non, Magritte n’enchainait pas les crimes dans le Paris de la Belle Époque comme Fantômas, il se contentait de peindre de nombreux sujets en reprenant diverses façons de penser).

Un des aspects très présents dans sa vie est le goût pour la philosophie. C’est justement le thème principal de cette exposition ! On y découvre ses différentes réflexions et sources d’inspirations.

Allez vite la voir au Centre Pompidou à Paris, elle se termine le 23 Janvier 2017 !!!

Sinon, vous n’aurez pas votre photo de « Ceci n’est pas une pipe ». Pour vous faire une idée de ce qui vous attend, voici quelques petites explications et des opinions personnelles quant à l’exposition en elle-même.


L’ensemble est divisé en deux parties essentielles : une grande salle et un couloir donnant sur plusieurs petits « salons » ou espaces quadrangulaires.


1. La grande salle présente ce qu’il appelle ses « Problèmes » :


(Comme si on n’en avait pas assez, il faut qu’il nous en rajoute des plus compliqués, des existentiels… Je préviens les plus rêveurs d’entre vous, vous allez passer des jours à y penser pendant que vous serez sur vos nuages).



Ces « problèmes » sont, en réalité, la référence à

une réflexion qu’il fait à partir d’un objet précis comme la mer, la porte ou la cheminée.

Par exemple, il va illustrer la tristesse en associant le début d’une chose à sa fin. C’est justement par ces associations, et la construction de l’œuvre très précise (voire mathématique – géométrie, proportions exactes) qu’il démontre tout son processus de pensée par lequel il est passé.


(Je suis obligée de vous dire que si vous cherchez des casse-têtes pour vous distraire, vous en avez une bonne panoplie dans cette première salle).





















En tout cas, vous verrez des images simples avec toujours les mêmes objets : une clé, une feuille, un verre et une pipe. Non, ce n’est pas pour qu’on dise « moi aussi je peux faire ça »… C’est pour ajouter de la force visuelle aux images, créer une sorte de choc qui nous aide à retenir ce que l’on voit. (Comme la publicité, exactement !)


Pour survivre économiquement, il a été obligé de travailler à la conception d’affiches publicitaires. Il garde de cette période, la recherche de l’impact total qu’il mêle à l’association entre le beau et l’image.








Pour ceux qui souhaitent une notion plus poussée d’histoire de l’art, on peut dire qu’il apporte une réponse au surréalisme. Ce courant de poètes définit la beauté par l’association d’idées entre elles et par l’imagination, moyennant les mots qu’ils affirment être supérieurs aux images. Un exemple particulier est repris par Magritte dans une de ses œuvres que je vous défis de chercher. Le Comte de Lautréamont disait « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ».


Magritte, en partant de cette phrase, va apporter une réponse logique en nous présentant un parapluie qui écarte les gouttes d’eau, sur lequel est posé un verre d’eau qui justement contient ces gouttes.






2. La deuxième partie :


Les « salons » exposent plusieurs œuvres en lien avec des récits mythologiques ou philosophiques comme l’allégorie de la caverne de Platon ou la création du portrait par Pline. L’ensemble évoque l’histoire de la peinture et la définition de la beauté.


Cette engouement pour la philosophie de Magritte est dû au fait qu’il échangeait beaucoup avec Foucault et les philosophes belges, pour nourrir ses réflexions sur la vie et sur l’art.

Ainsi, il arrive à la conclusion – défendue dans les œuvres présentées – que la peinture peut exprimer la pensée, au moins aussi efficacement que les mots. Il utilise pour ce faire, un vocabulaire simple d’objets qu’il répète ou ré-agence pour trouver plusieurs façons de représenter le monde.


Tout au long du parcours, sont proposées des études qu’il a réalisées :


Sur le questionnement de la relation des images au réel et à la vérité

Le texte de la Création du portrait par Pline lui permet d’introduire cette « trahison de l’image » dans sa peinture. Les ombres de ces objets éclairés par différentes sources de lumière, permettent de jouer avec la réalité.



Un exemple permet de comprendre cette idée : les ombres chinoises qui imitent les formes d’animaux. Quand on regarde la toile sur laquelle ces ombres sont projetées, on ne sait pas que ce sont des mains et des doigts (sauf quand on sait comment cela fonctionne bien entendu ! Parce que l’on est souvent très surpris) ; on pense que ce sont les ombres des vrais animaux. Il y a un caractère frauduleux et incertain inhérent à la réalité, que Magritte va pousser à l’extrême dans ses toiles.

Et du coup, la peinture prend de l’importance et dévoile au public sa capacité à représenter le réel. Un réel qui est incertain et qui se joue parfois de nous.



Regardez cette vidéo sur les ombres chinoises : https://www.youtube.com/watch?v=ehU-qB3AV0w




Sur l’illusionnisme de la peinture



Il part de sa connaissance de la peinture flamande : les rideaux utilisés dans les compositions dénoncent l’illusionnisme. Même si les primitifs flamands sont connus pour leur précision dans les détails et leur maitrise de la technique de la peinture à l’huile, ils nous disent que leurs compositions sont des illusions grâce aux rideaux.



S’en suit alors pour Magritte, toute une réflexion sur le fait que « la peinture et les rideaux sont autant d’obstacles à nos yeux pour voir le monde ». Il va alors confondre les différents niveaux de représentation, travaillant la peinture comme si elle était un rideau qui tombe sur la composition.






Après avoir tenté de vous expliquer les grandes idées de l’exposition, je pense qu’il est nécessaire que vous sachiez certains aspects plus pratiques de l’exposition avant d’y aller.


Points positifs :

  • scénographie : excellente

> 1 grande salle avec « problèmes » et succession de différents mythes/récits concernant ses recherches.

> Différents éclairages en fonction du récit/mythe ou du choix des œuvres. Avec cette différence c’est comme si on voulait mettre en avant qu’il trouve la solution par sa peinture aux réflexions posées dans ces textes. La peinture est associée à la lumière et est donc supérieure aux mots.

  • exposition des œuvres : aérée

> Malgré la grande quantité d’œuvres, il y a de l’espace entre elles, et cela ne fatigue pas les yeux.

> Il y a beaucoup d’espace de circulation permettant de ne pas se sentir serré, s’il y a beaucoup de visiteurs.

  • Panneaux d’explications : très complets

> On a le texte qui l’inspire et ensuite une explication de sa réflexion.

  • on peut faire des photos !


Points négatifs :

  • l’afflux des visiteurs : peut être très contraignant

> J’ai découvert un planning avec les horaires d’affluence, mais après avoir fait l’exposition. J’ai été malheureusement dans un créneau horaire où il y avait beaucoup de visiteurs, et ce n’est pas pratique de se concentrer et d’essayer de comprendre l’artiste avec des enfants qui braillent ou des grands groupes de personnes qui parlent fort. Donc je vous le laisse ici (c’est celui fourni par le musée) :


  • elle est peut être un peu longue

> Même si elle est facile à suivre, la quantité d’œuvres reste importante et s’il faut réfléchir à chaque œuvre, on atteint vite les deux heures minimum. Ce qui peut être intéressant à faire, c’est de voir uniquement les œuvres qui nous « parlent » et passer plus de temps devant.


Pour en savoir plus :

Pour ceux qui se seraient découverts une passion pour Magritte, le musée propose d’autres pistes de lecture sur leur site, dans la fiche de l’exposition, ainsi qu’une vidéo du commissaire d’exposition résumant l’exposition et leur travail.


https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/c65EMjd/rdKAxj8

Autre ressource : cliquez ici



Vous avez aimé, ou pas du tout, vous avez des suggestions, n'hésitez pas à nous le dire !



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